131
Ibid., cr. 13, p. 263.
132
Voir GUILLERMOU, A., St. Ignace..., éd. cit., pp. 84-91.
133
PELEGRÍN,
B., Le fil perdu..., éd. cit., p. 101. Fort justement, B. Pelegrín observe
que «Critilo voyage d'abord
extérieurement, mais l'aboutissement du parcours
géographique, c'est l'itinéraire intérieur,
l'enrichissement par le dépouillement progressif de
l'expérience des vanités terrestres.
Littéralement, ce chemin est une
ascèse, un chemin de perfection qu'il a
suivi»
(Éthique et esthétique...,
éd. cit., p. 223).
134
Voir LUBAC, Henri de, L'exégèse médiévale. Les quatre sens de l'Écriture, Paris, 1959-1964, 4 vols.
135
ALDANA, F. de, Poesías, éd. Elías L. Rives, Madrid, Espasa-Calpe, p. 67 («Clásicos Castellanos», n.º 143). À mon hommage à Maurice Molho, grand admirateur du capitán Aldana, je voudrais associer un autre ancien professeur, Mlle Gracie Larrieu qui avait fait pour nous, les agrégatifs de Bordeaux de 1966, une explication pleine de sensibilité de cette Epístola a Arias Montano. Qu'elle reçoive ici le témoignage de mon affection.
136
Je ne puis
m'empêcher de penser, en relisant le Criticón, et notamment
ses chapitres romains, à trois grandes oeuvres du
XXe
siècle où on mesure le chemin parcouru depuis la
vision baroque, catholique et romaine, de notre jésuite. Il
s'agit de La modification de Michel Butor, de
Roma, le film de Federico Fellini et de Vendredi ou
les limbes du Pacifique de Michel Tournier. Pour
Gracián, Rome est la certitude qui se révèle
à qui sait la voir au fond de son âme; pour le
héros de La modification, Rome est le rêve,
l'illusion qui donne un sens à sa vie en se profilant
derrière la grisaille de Paris. De la certitude qui fait
vivre un catholique baroque à l'illusion esthétique
qui berce l'ennui d'un homme du XXe siècle: on
retrouve cette seconde attitude, bien qu'apparemment il n'y ait pas
de commune mesure entre Butor et Fellini, chez l'écrivain
américain qui, à la fin de Roma, déclare qu'il est venu
finir ses jours à Rome, car c'est la ville des trois
illusions: le pouvoir politique, l'Église et le
cinéma, forme moderne du théâtre. Pour
Gracián aussi Rome était un théâtre,
mais à la manière de l'architecture
théâtrale du Bernin: un «teatro heroico de inmortales
hazañas»
(Criticón, III,
cr. 9, p. 222), ou, comme le dit
Calderón dans El gran teatro del mundo à propos de la
représentation des fins dernières de l'homme, un
«teatro de verdades»
(v. 1387). Enfin, on peut
considérer Vendredi ou les limbes du Pacifique
comme la réplique inversée non seulement de
Robinson Crusoé, comme l'a voulu
délibérément Michel Tournier, mais aussi du
Criticón. Tournier invite l'homme
occidental à renoncer à sa supériorité
et à son éducation volontariste en renaissant
à la «vie sauvage» (c'est le titre de la version
du roman pour les jeunes) dans les «limbes» d'une
île «du Pacifique»; autrement dit l'inverse de la
pérégrination d'Andrenio de la vie sauvage qu'il
menait dans son île vers la vie occidentale suivant le
modèle catholique romain.
137
Voir LAPEYRE, Henri, Les monarchies européennes du XVIe siècle. Les relations internationales, Paris, P.U.F., 1973, (coll. «La Nouvelle Clio», n.º 31), ch. III: «Les pays divisés: l'Allemagne et l'Italie».
138
Criticón, p. II, cr. 8, notamment pp. 183-184 et 199.
139
PELEGRÍN, B., Éthique et esthétique..., éd. cit., pp. 121-122.
140
Criticón, p. II, cr. 9, pp. 212-213.